ANAIYAH: Bonjour, mon amie.
JACKLINE: Bonjour, Anaiyah. Bonjour.
ANAIYAH: Comment vas-tu ?
JACKLINE: Je vais merveilleusement bien. Je me sens fabuleuse. Merci.
ANAIYAH: Excellent. Et de quoi es-tu curieuse aujourd’hui ?
JACKLINE: Oh, eh bien, ma vie est une avalanche d’émerveillements et de curiosités, et j’espère que cela ne finira jamais.
ANAIYAH: Hahaha. Dis-m’en plus.
JACKLINE: Eh bien, j’ai une liste de questions, et cela prendra plusieurs sessions. Elles n’arrêtent pas d’apparaître. Et pour l’une d’entre elles, j’allais dire que c’est une question simple. Mais ce n’est pas une question simple.
La première question est : Nous avons fait un voyage dans le temps sur l’île de Majorque, deux cents ans dans le futur, et je m’attendais à ce que ce soit similaire à notre monde physique. Mais c’était différent de tous les autres voyages que j’ai faits car c’était quasi-physique et proche de la nature. Et je me demandais sur quoi nous nous étions branchés exactement et ce que ça signifie.
Et nous sommes allés dans un endroit appelé la Grotte des Permissions, et j’avais l’impression de prendre de la drogue avec le cocktail vert et la pastèque. Et je me suis sentie tellement libre… L’expérience dans la Grotte des Permissions m’a réellement changée. C’est ce que j’ai ressenti en repartant, que j’avais été changée de façon permanente. Je ne sais pas si c’est le cas, mais je me demande à quoi nous nous sommes connectés et ce que ça signifie pour moi, pour nous, et si je devrais y retourner ?
ANAIYAH: Hahaha. Il y a différentes réponses à ces questions. À quoi vous êtes vous connectés ? On peut dire que vous vous êtes connectés à certains aspects de vous-même que vous ignoriez l’existence jusqu’alors. Mais si tu fais référence au lieu et au moment où vous vous êtes rendus, vous vous êtes connectés à des probabilités, ou plus précisément à une traduction de ce qui se passe dans ce que vous pourriez appeler le Cadre 2 (Framework 2). Ce n’était pas complètement physique car le collectif, dans cet endroit et à cette époque, vit une expérience où la séparation entre l’expérience physique et le monde intérieur est beaucoup moins rigide. La frontière entre les deux est donc (pause) plus perméable et moins rigide, moins définie.
Il y est plus facile de se mêler et de fusionner avec votre environnement, avec l’énergie environnante et les fluctuations de l’expression de cette énergie, ce qui vous permet de vivre une expérience plus fluide et onirique. Vous avez aussi fait l’expérience de la manière dont le temps et l’espace se connectent à partir de différentes perspectives. Vous pouviez passer de l’un à l’autre, ressentir ou voir la distance temporelle entre deux moments, ou faire l’expérience de l’espace comme du temps qui s’écoule.
Je comprends parfaitement que tu aies eu l’impression d’être dans un “trip” sous substances, et qu’en ingérant ces manifestations énergétiques de ton cocktail et de ta pastèque, tu aies aussi fait l’expérience de la pleine expression de cette énergie que tu venais d’ingérer, non seulement intérieurement mais aussi extérieurement. Tout comme vous mettriez vos sentiments en poème, en chanson ou les représenteriez sous forme de peinture vivante, tu voyais en même temps les expressions énergétiques de toutes les consciences qui étaient présentes avec vous, et la tienne, rebondissant, fusionnant, jouant avec les autres.
JACKLINE: Je veux ajouter quelque chose, car tout ce que tu dis correspond à ce que j’ai vécu. Mais quand je suis arrivée là-bas, avant d’avoir pris quoique ce soit, il y avait une sorte de guide, ou magicienne ou quelque chose comme ça, avec une cape. Je me suis blottie contre elle et je n’arrêtais pas de demander : « Mais, c’est quoi cet endroit ? Qu’est-ce qui se passe ? » Et je sentais mon réflexe habituel : vouloir connaître tous les détails, garder le contrôle, choisir consciemment ce que je faisais. Et elle m’a juste dit : « Ne t’inquiète de rien. Bois ton breuvage. »
ANAIYAH: Oui.
JACKLINE: « Ne t’inquiète de rien. Bois ton breuvage. » Et j’ai conscience que j’étais dans mon état de vie quotidien, bien ancrée, voulant garder un certain degré de contrôle sur mes choix. Et puis j’ai fait ce qu’elle m’a dit, j’ai avalé le cocktail d’un trait et ensuite j’ai mangé la pastèque jusqu’à l’écorce blanche. Et ça m’a changée. Je suis devenue tellement libre. Tellement fluide. Je ne m’inquiétais plus de rien.
ANAIYAH: Tu as fait un choix. C’est ce que j’exprimais à ton autre ami. Quand tu as avalé ce cocktail et cette pastèque, tu as en réalité choisi ce qu’ils représentaient. Tu as choisi de vivre l’expérience au lieu d’y penser, de l’analyser. Tu t’es servie de cette image de cocktail et de pastèque pour choisir d’en faire l’expérience, pour choisir la fusion avec eux.
JACKLINE: Alors, deux choses. La première est liée à ces voyages. Nous y allons en groupe, nous partageons, nous nous suggérons des choses, et chacun, tous les trois, ou quatre maintenant avec Francie, nous vivons ces choses ensemble, nous nous renvoyons les uns aux autres ce que nous voyons ou ressentons. Donc, avec ça en tête, qu’était cet endroit à Majorque ? Un autre plan? Un plan astral ? Parce que je n’étais pas la seule à en faire l’expérience. Tracy, Jean-Baptiste et moi l’avons tous vécue.
ANAIYAH: Et toutes les consciences qui étaient là avec vous en ont toutes fait l’expérience (pause) à leur manière.
JACKLINE: Oui.
ANAIYAH: À travers leurs propres filtres et leur propre conscience. C’est tout comme votre perception habituelle de votre réalité. Vous partagez des informations sur la façon dont chacun de vous crée son monde et son expérience. Mais vous n’en êtes pas forcément conscients comme vous pouvez l’être pendant vos voyages et que vous partagez ce que vous vivez.
JACKLINE: D’accord, d’accord.
ANAIYAH: Mais, d’une certaine manière, ce que vous faites dans vos voyages, c’est d’expliciter ce que vous faites naturellement énergétiquement. Cela vous aide à vous ancrer dans l’expérience du voyage, et aussi à rester connectés et à ne pas vous perdre dans vos intérêts personnels. Cela vous donne une direction. Cela vous ancre et cela vous aide à solidifier votre expérience.
JACKLINE: D’accord. Donc, pour la première partie, à Majorque, ce n’est pas que nous nous sommes connectés à un autre monde. C’est que notre monde intérieur, à tous en commun, a changé en termes de temps, d’espace et de connexion.
ANAIYAH: Oui. Vous vous êtes permis de faire l’expérience d’une perception plus fluide et (pause) veloutée de votre monde. Ce n’est pas une coïncidence si les substances que tu as choisi d’ingérer étaient sous forme liquide ou gorgée de liquide.
JACKLINE: Oui. Autre chose, quand je pars en voyage temporel, j’ai généralement envie de manger quelque chose, allez savoir pourquoi. Et il me semble que le fait de manger quelque chose m’aide à m’ancrer dans l’expérience de ce voyage… je parle en général, et cela m’aide aussi à goûter la saveur énergétique du lieu. Et ça semble être la raison pour laquelle… c’est comme si j’avais besoin que ça fasse partie de mon corps pour avoir une expérience plus complète. Est-ce que ça a du sens ?
ANAIYAH: Oui. Tu as raison en cela que tu… Cela t’aide à te connecter plus pleinement à l’environnement, à la configuration du lieu et du temps vers lesquels vous vous projetez. C’est ta manière de t’y engager plus directement et de manière… de manière plus concrète.
JACKLINE: D’accord. Maintenant, je pense que je pourrais retourner à cette Grotte des Permissions n’importe quand. Et je n’ai même pas besoin de prendre de MDMA (elle rit).
ANAIYAH: Oui.
JACKLINE: Je peux juste choisir de participer. Mais je pense que ça m’a changée parce que j’ai le souvenir de ce que j’ai ressenti… et la liberté, et c’était comme si le seul sens…
ANAIYAH: Comment as-tu permis à cette expérience de te changer dans ta vie quotidienne ?
JACKLINE: Je ne sais pas si je l’ai fait. Je crois que j’ai oublié après coup. Mais je pensais que ça ferait partie de moi pour toujours. Et je pense que c’est le cas.
ANAIYAH: C’est le cas. C’est bien le cas.
JACKLINE: Mais j’ai oublié. C’était comme si le seul sens du temps était la musique sur laquelle j’ai dansé.
ANAIYAH: Ahh.
JACKLINE: La seule conscience du temps était le mouvement de la musique… et même c’était à des vitesses différentes. Mais j’ai juste pensé que si je voulais… Je ne cherche pas l’ivresse.
ANAIYAH: Et as-tu essayé [d’y retourner] ?
JACKLINE: Non, je ne l’ai pas fait. Je n’ai pas essayé. Je ne voyage habituellement pas toute seule.
ANAIYAH: Qu’est-ce qui t’a empêchée de le faire ?
JACKLINE: Qu’est-ce qui m’a empêchée de retourner à la Grotte ?
ANAIYAH: Dans ton esprit. Qu’est-ce qui t’a fait hésiter à t’y engager de nouveau ?
JACKLINE: Je pense qu’il y avait une hésitation sous-jacente. Mais je pense que ce serait bien pour moi d’y retourner et de m’entraîner à lâcher prise. M’exercer à être un peu fofolle, loufoque et fluide… fluide avec le temps… c’est-à-dire bouger vite, bouger lentement. Je ne sais pas. Je pense que je me suis focalisée sur d’autres expériences que j’ai eues aussi. Donc… mais je suppose que ce serait bien pour moi d’y retourner.
ANAIYAH: Oui. Et ce serait bénéfique aussi.
JACKLINE: D’accord, merci.
Eh bien, je ne connaissais pas l’ordre de mes questions. Celle-ci débouche directement sur une autre qui… et c’était une conversation, et ça concerne nos voyages, parce que, tu sais, je ne sais jamais ce qui relève de mon imagination ou non. Et ça me va. Mais Jean-Baptiste et moi avons eu une conversation. Et je lis ce que nous avons dit. Il a dit : « Il y a de nombreux aspects à cette réalité ». Et j’ai dit : « Oui, et parfois je doute de moi-même en me demandant si je n’invente pas une grande partie de tout ça ». Et Jean-Baptiste a répondu : « Plus j’y pense, plus je réalise que c’est la nature de la réalité. Nous inventons tout, littéralement. Nous inventons tout. ».
Et donc ma question est, Anaiyah, est-ce vraiment ce que nous… Je veux dire… Ça me fait sourire (ris). Est-ce ce que nous faisons en tant que créateurs à la fois dans le physique et le non-physique ? Est-ce que nous inventons tout ? Et ma façon de questionner est : Sommes-nous en train de créer, de manière ludique et curieuse, des histoires infinies à vivre pour nous-mêmes et pour que la conscience croisse ?
ANAIYAH: Oui.
JACKLINE: Oui. Oui. Youpi ! Vraiment ? Vraiment ?
ANAIYAH: Oui. En doutes-tu encore ?
JACKLINE: Eh bien, ces voyages que nous faisons, les expériences des voyages sont si intenses. Et la capacité de voler à travers le temps et l’espace, de juste apparaître quelque part. Et les synchronicités que nous avons les uns avec les autres, et la bienveillance que nous partageons… nous nous renforçons mutuellement dans ces créations et nous grandissons ensemble.
Mais même plus que cela, je crée un monde. Nous créons des mondes d’expérience intenses et magnifiques. Et pourtant ce n’est pas physique. Mais nous le faisons aussi dans une réalité physique, je crois. J’y crois. Nous créons dans ce monde physique… cela prend un peu plus de temps. Cela demande un peu plus de répétition parfois… ou de force. Ce n’est pas aussi simple que, d’accord, quelle est la couleur ? Je n’aime pas cette couleur… je vais changer la couleur… comme dans nos voyages. Cela demande un peu d’action physiquement, ou beaucoup parfois. Mais c’est ce que nous faisons, n’est-ce pas ? N’est-ce pas ?
ANAIYAH: Oui. Vous créez le temps pour vous permettre d’expérimenter vos différents choix sans être submergée par la présence de tout le reste, de tous les autres choix que, avec votre forme actuelle, vous ne seriez pas capable de distinguer ou de trier si vous étiez conscients de tout en même temps.
JACKLINE: Donc, tu parles des voyages, de nos voyages?
ANAIYAH: De tous tes voyages, qu’ils soient avec ton petit groupe, ou que tu partes en croisière avec d’autres personnes, ou que tu ailles à l’épicerie.
JACKLINE: Le monde physique, le monde physique… J’invente à quoi ce monde ressemble.
ANAIYAH: Oui, tu le construis de toutes pièces.
JACKLINE: Oh, oh, oh. Sais-tu ce que… Eh bien, c’est une question. C’est rhétorique. Sais-tu ce que ça veut dire ? Ce que ça signifie, c’est… (Anaiyah rit doucement) que tout réside vraiment dans l’expérience. C’est vraiment tout dans la conscience qui en fait l’expérience.
ANAIYAH: Oui. Et tu touches là à quelque chose de très profond.
JACKLINE: Je suis tellement excitée par ça. Ah… Je suis tellement excitée par ça.
ANAIYAH: Cela te permettra de te libérer, mon amie.
JACKLINE: Oh, oh, merci. Eh bien, alors je vais y aller. J’allais te poser des questions sur celles de Julie, mais je vais passer à un autre aspect qui est lié, un corollaire. Nous… Je… vis dans un monde physique de séparation, séparation de par les noms, par les choses, par les mots. Et dans ce monde, nous, je crée… nous créons une infinité de choses, et parfois nous choisissons des choses négatives et parfois nous choisissons la bienfaisance. Et moi, avec un peu d’humour, j’appelle ça le bon, la brute et le truand. Et… mais je crois, je crois vraiment au plus profond de moi que quelle que soit la couleur, aussi sombre ou claire soit-elle, tout est valide et utile. Et que la conscience fait l’expérience d’elle-même à travers toutes les possibilités, et que le « mieux » est relatif à l’observateur et à l’intention. Donc ma question est : Ai-je raison ? Ou y a-t-il des niveaux de bonté où certaines créations d’expérience et certaines expériences sont meilleures que d’autres ?
Et je ne parle pas seulement du monde physique. Dans le monde physique, j’ai l’impression que je peux utiliser ces termes en fonction de mon intention d’être connectée et de voir les interconnexions. C’est mon… quelqu’un d’autre peut avoir une vision différente, mais pour moi, il y a une bonté relative. Et je peux le voir… ce qui m’aide à me connecter, parce que c’est mon intention… ce qui m’aide à être claire, et ce qui offre moins, plus de nébulosité. Mais en général, est-ce qu’une chose est meilleure qu’une autre ou est-ce que tout est relatif à l’expérience qu’on choisit ?
ANAIYAH: Je dirais d’abord que votre définition ou classification des choses, événements, pensées, comme bons ou mauvais, est relative à votre dimension physique.
JACKLINE: D’accord.
ANAIYAH: Dans la conscience, il n’y a pas d’étiquetage ou de ségrégation. Ils offrent tous différents types d’expériences. Ils offrent tous (pause) un épanouissement de valeur propre à chaque individu, même dans votre propre monde, dans votre réalité. Ce que vous définissez comme bon ou mauvais est relatif. Même dans vos guerres et conflits, les gens ne se considèrent pas nécessairement comme étant mauvais ou faisant le mal. Cela est généralement associé à l’autre côté de l’expérience. Mais ce que vous faites en réalité est une danse entre ce que vous… Tu peux dire que vous dansez au son du bon et du mauvais. Même si de chacune de vos perspectives, vous êtes du bon côté. Et pour certaines personnes, une tempête est effrayante. Ils diraient que c’est négatif. Ils n’aiment pas ça. Ils veulent que ça s’arrête. Ils veulent se cacher ou s’abriter. D’autres personnes apprécient la puissance de vos tempêtes. Ils vont jusqu’à sortir chasser vos tornades. Ils cherchent des frissons dans leurs vies. Ils veulent que leur expérience inclut l’intensité et le contraste.
Que culturellement vous trouviez certaines choses meilleures que d’autres ne signifie pas que vous n’avez pas d’autres cultures qui verraient les choses différemment. Et d’une perspective de la conscience, quand vous regardez de l’extérieur, depuis l’extérieur de cette réalité physique, il n’y a pas de jugement parce que chaque aspect de cette expression ou du conflit est nécessaire pour pouvoir le créer et en faire l’expérience. Je ne dis pas nécessairement que le conflit est nécessaire. Cela dépend de la personne et de ses intentions ou de ses raisons pour lesquelles vous créez un conflit. Certaines personnes généreront des conflits comme des schémas non résolus dans leurs vies, et certaines personnes généreront des conflits pour se permettre d’exprimer et de libérer une énergie retenue. Donc le conflit n’est pas nécessairement toujours le même. Il peut être… simplement vécu comme une tempête. Une fois passée, elle est passée.
JACKLINE: Donc si nous regardons les guerres, les gens ont choisi d’être dans ces guerres et de vivre cela. Et même s’il y a des horreurs et des auteurs de violence et des victimes de violence, tout cela fait partie de l’expérience que l’individu ou que cette énergie culturelle a choisie.
ANAIYAH: Oui, mais souviens-toi que les conflits ne surgissent pas de nulle part, même s’ils le font d’une certaine manière. C’est aussi l’expression de vos croyances, comment vous avez tissé vos visions du monde, comment vous avez choisi de définir et de compartimenter votre monde, vos comportements ou vos émotions. Cela découle aussi de trop de rigidité, de la façon dont vous jugez et définissez votre monde et considérez certaines expressions comme négatives ou indésirables, et cela crée des frictions, cela crée des chaînes dont les gens veulent se libérer.
JACKLINE: Je n’ai pas un grand intérêt pour la politique, donc je ne… Quand je vois quelque chose que je n’aime pas, je vais juste à une autre échelle et je pense à de belles choses. Je détourne mon esprit de cela. Mais il y a de nombreuses années, j’ai un peu étudié la Théosophie. Et en Théosophie, il y a ces grands êtres qui gèrent différents aspects du monde physique. Et l’un d’eux, et j’ai ça à l’esprit, j’ai gardé ça à l’esprit depuis des décennies, l’un de ces êtres est appelé le Manu, et le Manu est le titre d’un être qui gère les civilisations. Et chaque fois que je vois la guerre en Ukraine ou à Gaza et que ça me perturbe, je prends du recul et je pense au Manu qui gère, surveille les mouvements et le rythmes des changements de cultures et de civilisations, ainsi que leur destruction et la formation de nouvelles. Et cette foi, cette image me rend heureuse parce que je pense que tout est… tout est utile. Tout est une évolution de la société, de la dimension physique.
Mais dis-moi, est-ce que je fais l’autruche, ou est-ce que… Y a-t-il vraiment, y a-t-il vraiment ceux qui gèrent la structure, pas la structure, mais la façon dont l’évolution de notre monde physique, ce monde physique particulier, fonctionne, bouge, évolue, qu’ils voient ça à un niveau plus élevé et que ce n’est pas tout à fait dû au hasard.
ANAIYAH: Pour répondre à ta première question, te caches-tu ? Non. Tu choisis intentionnellement d’aller vers un endroit qui est plus confortable pour toi, qui peut te permettre de te connecter à une image plus large de la situation et de voir qu’elles ne sont pas juste ce que vous pouvez en voir.
JACKLINE: D’accord. Merci.
ANAIYAH: Je dirais que, oui, les conflits sont utiles, parce qu’ils vous permettent d’exprimer ou de libérer certains types d’énergies de certaines manières, et aussi parce qu’ils vous permettent de voir réellement ce que vos croyances vous amènent à choisir, ce qu’elles vous influencent à générer, ou comment elles vous font vous relier aux autres, certains comme amis et certains comme ennemis. Les conflits sont-ils nécessaires ? Pas forcément. Mais c’est la façon dont, pour le moment, ces gens qui choisissent le conflit peuvent exprimer ces énergies et faire l’expérience de ce que cela signifie.
Le choisissent-ils intentionnellement ? Certains d’entre eux, oui. La plupart d’entre eux, pas nécessairement. Ils se permettent d’être influencés par ces énergies. Ils se permettent d’être engloutis par le flot ou la boue. En ce qui concerne ce que vous appellez le Manu, ou [la question de savoir] s’il y a d’autres êtres qui ont en charge votre réalité, votre monde : Vous le faites. Et toutes les essences qui sont d’une certaine manière impliquées dans les réalités physiques, vous ne reconnaissez pour le moment qu’une perspective particulière de vous-même. Mais vous êtes plus vastes et plus sages que vous ne le reconnaissez actuellement.
JACKLINE: Waouh !
ANAIYAH: Vous pouvez accéder à d’autres perspectives. Vous pourriez avoir besoin d’un peu d’entraînement ou d’un peu d’expérimentations pour le faire, mais ce n’est pas hors de votre portée. Et tu es impliquée dans la création et la gestion de ta réalité, tout comme toutes les autres essences qui sont focalisées physiquement. Et vous, en tant qu’essence, êtes aussi impliqués et aidez vos compagnons de voyage à d’autres moments, dans d’autres lieux. Donc oui, tu n’es pas seule. Tu n’es pas livrée à toi-même. Mais cela te demande aussi d’écouter et d’être prête à choisir intentionnellement malgré les tendances que les gens suivent inconsciemment.
JACKLINE: Eh bien, j’aimerais avoir cet entraînement (rires). Et j’ai une autre session prévue avec toi demain, parce que ma liste de questions est longue. Et l’une d’elles concerne l’expérience de ma propre conscience de soi, les couches et les choix, et… Mais je vais garder cette partie pour demain, c’est très intéressant.
ANAIYAH: Très bien.
JACKLINE: C’est un peu intimidant mais très excitant de reconnaître le pouvoir, le pouvoir que j’ai et les ressources auxquelles j’ai accès.
ANAIYAH: Et tu peux t’appuyer sur ce savoir.
JACKLINE: Répète ça ?
ANAIYAH: Tu peux te reposer sur cette connaissance que tu as de ton pouvoir et de toutes les ressources qui sont à ta disposition quand tu en as besoin.
JACKLINE: D’accord. Eh bien, merci. Et je vais passer à une autre question très spécifique. Je viendrai à celles sur le développement personnel demain. C’est… Je me souviens que quand Gurdjieff était proche de la mort, il a dit : « D’accord, je vais mourir ce jour-là », et il l’a fait. Et donc, j’ai 82 ans, je suis en bonne santé, je suis forte, je suis pleine de vitalité, excitée par la vie, mais je suis aussi consciente de la finitude de mon temps physique ici. Donc j’ai des questions liées à cela.
ANAIYAH: Très bien.
JACKLINE: L’une est, puis-je choisir la façon dont je mourrai et faire en sorte de partir rapidement ? Je ne veux pas d’une maladie douloureuse. Et donc comment le faire ? Genre, d’accord, je ne veux pas, tu vois, être dans un fauteuil roulant pendant de longues années ou avoir la démence. Je veux juste dire, tu vois, je pense que je ralentis, et je suis presque prête à partir, et pourquoi pas le faire rapidement avant que je, tu sais, dans mon sommeil ou en un instant. Et j’aimerais faire comme ça.
ANAIYAH: La façon dont tu peux te préparer est d’arrêter de t’inquiéter de la façon dont tu vas mourir.
JACKLINE: Vraiment ?
ANAIYAH: Oui. Parce que plus tu t’inquiètes, plus tu te concentres sur ce que tu ne veux pas vivre.
JACKLINE: Bien sûr.
ANAIYAH: Et ce sur quoi tu te concentres sera ce que tu vivras.
JACKLINE: Donc je vais mourir rapidement et sans douleur. Un, deux, trois, hop.
ANAIYAH: Tu vas choisir comment tu vas mourir au moment où tu le choisiras. Ce n’est pas une question de comment je choisis comment je vais mourir. C’est une question de comment… ou de ce que tu choisis à chaque instant, la façon dont tu vis. La façon dont tu vis pendant le temps que tu choisis d’être ici.
JACKLINE: Comment est-ce connecté au choix de la manière de mourir ?
ANAIYAH: C’est parce que le choix de la mort n’est pas différent de tous les autres choix. Ce que tu as besoin de faire, c’est d’apprendre à choisir intentionnellement ce que tu veux vivre à un moment particulier, et cela signifie développer la conscience de tes choix.
JACKLINE: Aha…
ANAIYAH: Donc ce n’est pas une question de « je veux choisir de mourir en bonne santé dans mon lit ». C’est une question de qu’est-ce que tu choisis maintenant ? Choisis-tu la santé ? Choisis-tu l’inquiétude ? Choisis-tu le conflit ou ce qui perturbe le fonctionnement de ton corps ? Ou choisis-tu la régénération ? Choisis-tu la fluidité ? Choisis-tu la joie ? Choisis-tu ce qui t’intéresse ?
JACKLINE: Je pense que je vais devoir retourner à la Grotte des Permissions (rires).
ANAIYAH: Hahaha. Et parfois, et je ne parle pas ici de toi spécifiquement, mais parfois les gens sont intéressés d’explorer le fait d’être pris en charge et d’avoir quelqu’un qui vienne s’occuper d’eux. Et la seule façon dont ils voient cela se produire est s’ils sont dépendants et s’ils sont infirmes, parce que c’est la seule façon dont ils croient que quelqu’un [voudra] prendra soin d’eux.
Donc, c’est aussi une question d’être conscient de ce que tu crois à propos de toi-même, de la façon dont tu interagis avec les autres, de la façon dont tu interagis avec ton monde, et de savoir si tu en vaux la peine ou non.
JACKLINE: Intéressant. Parce que j’en vaux la peine.
ANAIYAH: Hahaha. Alors c’est ce que tu généreras.
JACKLINE: Je sais sans aucun doute que je suis importante, et que sans moi, tout serait différent. Je sais ça… que je fais partie intégrante de chaque élément du tout. Et je ne sais pas comment je le sais, mais je le sais. Je le sais. Et je suis si reconnaissante, reconnaissante pour la connexion et de faire partie de tout. Et ce n’est pas… En fait, ça n’est pas une lourde responsabilité. C’est une joie. C’est une connexion joyeuse avec tout. Du moins c’est ce que je ressens.
ANAIYAH: Et c’est bien le cas. Et il est primordial que tu te connectes à ces aspects, car ils insufflent de la fluidité et de la légèreté à ton énergie. Ils te permettront de choisir ces types d’énergies et d’expériences qui créeront des circonstances marquées par moins d’épaisseur, moins d’entraves, et moins de pesanteur dans ta vie jusqu’à ce que tu décides simplement de partir vers d’autres aventures.
JACKLINE: Donc, lié à cette question sur ma manière de mourir, il y avait : puis-je choisir combien de temps je veux vivre ? Puis-je choisir, tu vois, « Alors, je prendrai un an. Je prendrai 10 ans. Je prendrai 15 ans ». Mais il semble que la réponse que tu as donnée sur la manière de mourir s’appliquerait de la même façon pour combien de temps je veux vivre.
ANAIYAH: Oui, car c’est une question de (pause) d’un instant au suivant. Il ne s’agit pas de « je prends 10 ans de plus ». Il s’agit de « je prends ce moment de plus et ce moment de plus et ce moment de plus » jusqu’à ce que tu sois rassasiée et que tu saches qu’il est temps pour toi de passer à autre chose. Tout comme tu te trouves à un buffet où tu peux tout choisir, chaque… prendre une bouchée de ce plat-ci, et une bouchée de cette salade-là, ou une bouchée de ce fruit-là jusqu’à ce que tu sois rassasiée et que tu quittes le buffet pour passer à une autre expérience.
JACKLINE: Donc, c’est aussi simple que ça, hein ?
ANAIYAH: Oui. Mais vous rendez cela si difficile. Pas toi particulièrement, ton espèce.
JACKLINE: Oui. Nous avons peur du changement, parce que nous ne le comprenons pas. Donc j’ai toujours choisi de plonger dans la joie et la beauté, c’est une facette… cette amoureuse du beau, c’est ma fibre d’artiste. Mais tout finit par devenir beauté, et alors tout entre en résonance. C’est à travers ça que je peux me connecter. Donc, s’il s’agit de parler de l’instant présent et de la façon d’habiter chaque moment…
ANAIYAH: Oui.
JACKLINE: C’est mon laissez-passer ici (rires), comme dirait Bashar. Mon autorisation personnelle, reçue d’Anaiyah, la voici : Est-ce là l’un des secrets ou l’une des manières dont je peux… En choisissant la beauté, la joie, le lien, je suis déjà en train de faire mes choix. Et si c’est ce qui compte pour moi, alors je n’ai rien d’autre à faire.
ANAIYAH: Oui. C’est choisir ces aspects de toi dont tu veux faire l’expérience.
JACKLINE: Ouiii.
ANAIYAH: Et c’est suffisant.
JACKLINE: Et c’est… et je suis sûre qu’il y a d’autres aspects en moi mais ce sont ceux que j’aime le plus.
ANAIYAH: (rit doucement) Et tu le vaux bien.
JACKLINE: Et je le vaux bien ! Youpi ! Je le vaux bien ! Tu sais… Je dis ça comme si je l’avais toujours su. Eh bien, j’ai toujours su que je le méritais, mais je n’ai jamais compris pourquoi d’autres personnes ne le voyaient pas, et me traitaient mal… Et parfois vraiment, vraiment mal. Et maintenant je le vois. C’est si clair. C’est si clair que chaque personne vit son propre… crée son propre monde. Et nous partageons le monde. Nous partageons l’espace et le temps, et ils entrent et jouent un rôle, mais ce rôle est de m’aider à créer mon reflet, et je peux créer toutes les réflections comme j’ai envie.
ANAIYAH: Oui. Et peut-être…
JACKLINE: N’est-ce pas incroyable ?
ANAIYAH: Ça l’est. Et peut-être que lorsque tu attires ces personnes à toi, l’enjeu n’est pas qu’elles perçoivent ta beauté, mais que toi, tu sois capable de discerner en elles cette beauté qu’elles ne parviennent pas encore à voir. Tu incarnes cet facette de la conscience capable de percevoir la beauté du monde et celle des êtres. Et c’est ce que tu leur apportes : tu es le témoin de leur beauté, en dépit de la laideur qu’elles s’attribuent.
JACKLINE: Oui.
ANAIYAH: Ou la laideur qu’ils projettent sur le monde. Tu équilibres cela par ta focalisation sur la beauté, le plaisir et l’espièglerie.
JACKLINE: C’est tout à fait ça, car même ceux qui ont apparemment causé une blessure, qui ne m’ont pas appréciée ou qui m’ont maltraitée… je peux les regarder et voir, non seulement avec compassion, car ce n’est pas seulement de la compassion que je ressens, je vois qu’ils sont au fond, qui ils veulent être, ce qu’ils aspirent à être, et parfois à quel point ils l’expriment de façon confuse. J’arrive généralement à voir leur essence magnifique, et j’en suis profondément reconnaissante car cela me procure du bien-être.
Mais pendant longtemps, Anaiyah, je n’arrivais pas à comprendre pourquoi j’étais maltraitée, et aujourd’hui je réalise que je ne le suis pas. Je ne le suis plus. J’ai simplement créé cette expérience pour pouvoir me dire : « Je ne veux plus de ça », car ce qu’ils font n’a rien à voir avec qui je suis. Je sais qui je suis. Je suis pure conscience. Je suis… Je suis…
ANAIYAH: Magnifique.
JACKLINE: Belle. Magnifique. Puissante.
ANAIYAH: Et puissante, oui.
JACKLINE: Je suis aimée et je suis aimante. Et je crois que ces aspects sur lesquels je me suis concentrée m’ont enfin aidée à traverser certaines vieilles croyances, comme l’idée que j’étais trahie ou que les gens ne m’appréciaient pas. Ça n’a pas changé leur comportement, mais ça a changé le mien.
ANAIYAH: Justement. Lorsque tu percevais la trahison, la blessure, la déconnexion, cela venait d’un déplacement de ton attention vers cette facette de la conscience qui s’attarde sur la blessure, la douleur, le laid, ce qui n’est pas la réalité que tu crées. C’est pourquoi il est essentiel pour toi de rester fidèle à ton focus, à ce que tu as choisi d’expérimenter et d’exprimer dans cette réalité, sans te laisser emporter par les tempêtes des autres.
JACKLINE: Ou par le passé.
ANAIYAH: Ou par le passé.
JACKLINE: Oui. Je crois que notre temps est écoulé. Le bip va bientôt sonner. Je te suis si reconnaissante pour cet échange, pour ton aide à valider et confirmer ce que je traverse. Je te retrouve demain, j’espère, pour approfondir d’autres sujets.
ANAIYAH: Très bien. C’est toujours un plaisir d’échanger avec toi et de goûter à ta nature pétillante.
JACKLINE: Hahaha.
ANAIYAH: Savoure ton temps et ta beauté, mon amie.
JACKLINE: Merci.
ANAIYAH: Et d’ici notre prochaine rencontre, passe une merveilleuse journée.
JACKLINE: Merci, merci, Anaiyah.
ANAIYAH: Au revoir.
JACKLINE: Salut.